J’ai proposé au Conseil Municipal de délibérer contre la suppression des droits de plantation en viticulture. Le Conseil Général votera lors de sa session du 20 décembre 2012 une motion du même type. Voici le texte de la délibération adoptée à l’unanimité par les élus municipaux chalonnais.
« Madame le Maire expose à l’Assemblée que la Commission Européenne a décidé en 2008 de rendre totalement libre la plantation de vignes sur tout le territoire de l’Union Européenne à partir du 1er janvier 2016.
Considérant que la viticulture contribue à qualifier et à valoriser le paysage ligérien chalonnais, paysage classé au patrimoine mondial de l’UNESCO et site classé « Corniche Angevine »,
Considérant le caractère viticole de la commune de Chalonnes sur Loire,
Considérant l’impact économique et touristique de la filière viticole locale,
Considérant la décision prise en 2008 de rendre totalement libre la plantation de vignes sur tout le territoire de l’Union européenne à partir du 1er janvier 2016 ;
Considérant que la plantation de vignes est régulée dans certains Etats membres depuis les années 1930 et dans l’Union européenne depuis les années 1970 ;
Considérant que la Commission a proposé dans la dernière réforme de l’OCM de diminuer le potentiel de production à travers le financement d’un plan d’arrachage et dans le même temps de libéraliser les plantations à partir du 1er janvier 2016, que ces deux mesures sont antinomiques ;
Considérant les conséquences probables de la libéralisation des plantations sur l’économie, l’aménagement du territoire, les paysages, le tourisme, l’environnement : surproduction, chute des prix, diminution de la qualité, perte de notoriété, disparition des exploitations familiales, délocalisation du vignoble vers les plaines, concentration du secteur ;
Considérant les très vives inquiétudes que provoque cette décision chez les professionnels, les élus et plus largement les citoyens ;
Considérant que la quasi totalité des pays producteurs dénonce aujourd’hui cette décision et demande à la Commission de maintenir cet outil de régulation du potentiel de production ;
Considérant que la Commission reste toujours sourde à ces appels et se contente de faire circuler un questionnaire dans la perspective du rapport d’étape qu’elle doit publier en 2013 ;
Considérant les initiatives qui se font d’ores et déjà jour sur le terrain avant l’échéance du 1er janvier 2016 (spéculation, achat de terrains dans des plaines, etc.) et les inquiétudes grandissantes des vignerons notamment les jeunes sur leur proche avenir ;
Considérant que l’encadrement du potentiel de production ne freine pas le développement des exploitations (plusieurs dizaines de milliers d’hectares de droits attribués durant ces dix dernières années) mais qu’il permet d’assurer un équilibre entre l’offre et la demande ;
Considérant que cet instrument n’a aucune incidence sur le budget communautaire ;
Considérant le calendrier des institutions européennes et l’incertitude importante qui pèse sur la réouverture du dossier ;
Madame le Maire propose au Conseil Municipal :
- De demander au gouvernement et au Chef de l’Etat de poursuivre leurs efforts et de convaincre rapidement les quelques Etats membres nécessaires à la formation d’une majorité qualifiée ;
- D’inviter le Conseil des Ministres de l’agriculture à acter formellement ensuite les positions ;
- De demander à la Commission Européenne d’entendre la position portée et de faire une nouvelle proposition législative ;
- D’appeler le Parlement européen à user de ses nouveaux pouvoirs et à prendre toutes les initiatives législatives et politiques utiles pour faire aboutir ce dossier au plus vite ;
- D’inviter les autres élus et les collectivités locales à s’associer à cette démarche et à intervenir par tous les moyens utiles auprès du gouvernement pour les convaincre de la nécessité d’aboutir sur ce dossier. »
